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C’est juste pour un nettoyage…

« C’est juste pour un nettoyage », probablement la phrase la plus entendue après « j’ai pas le temps », « j’y pense pas » et « j’haïs ça ».  Non mais comment avons – nous pu laisser aller notre profession à un niveau aussi simpliste que « c’est juste pour un nettoyage » ?  Pire encore … qui n’a pas entendu la secrétaire au téléphone suggérer au patient (qui n’est pas venu depuis 18 mois), en toute gentillesse et sans malice,  qu’il était dû pour son p’tit nettoyage ? À chaque fois, j’en grugeais mes canines !

Il faut avouer qu’une partie du tort est aussi nôtre. Il est vrai qu’avec des patients cédulés aux 45 à 50 minutes, l’un à la suite de l’autre sans répit, plus souvent qu’autrement en retard, il ne reste pas grand temps pour l’éducation, l’examen, le dépistage, les relations humaines et la motivation.  Passons vite au nettoyage puisque c’est ce sur quoi on sera noté.

Vous sentez un peu de frustration dans mes propos ? C’est que j’y suis passé moi aussi. Jusqu’au jour où j’ai pris ma profession en main et où j’ai décidé que chaque client avait droit à ma pleine attention et à un service professionnel  sans compromis.  Ce fût le jour où je décidai qu’à chaque patient serait  attribué le temps qui lui était nécessaire.  Évidemment, il paierait selon les services reçus.   Plus encore, que la fréquence à laquelle il serait vu pour ses examens périodiques serait personnalisée selon ses besoins réels et son état de santé.  Mieux encore, que chaque client prendrait son prochain rendez-vous sur le champ afin de s’assurer d’être vu et suivi selon les recommandations. Une utopie?  Un rêve ? Pas du tout !

Aujourd’hui, plus de 90 % de mes patients réservent à l’avance leur prochain rendez-vous en hygiène.  Le taux d’absentéisme à ma chaise (RVM) est à moins de 2%, mes clients sont en santé et moi je suis heureux.  Je crois que comme hygiéniste dentaire, je peux dire ‘mission accomplie’.

Le secret ? Évidemment, un dentiste et une équipe qui vous supportent mais d’abord et avant tout … l’ÉDUCATION.

Premièrement, éduquez les membres de votre équipe, la secrétaire, l’assistante, la coordonnatrice, tous doivent être conscients des conséquences d’une santé dentaire et gingivale déficiente.  Je suis encore stupéfait du peu de ceux-ci qui connaissent  et considèrent les liens entre gingivites, parodontites et maladies systémiques;  grincement de dents,  parafonctions, migraines et occlusion.  Vous aurez beau motiver votre patient à la chaise, l’éduquer, si le discours est différent à la réception et au téléphone … bye-bye motivation !  Au contraire, lorsque toute l’équipe agit en tant qu’agents renforçateurs, les résultats sont probants. Tant que vos collègues penseront que c’est juste un nettoyage, bonne chance !

Ensuite, bien sûr,  éduquez le patient. Maintenant, éduquer ne veut pas dire moraliser ni dicter des règles de conduites. L’éducation se fait petit à petit, graduellement mais continuellement, en s’adaptant et en respectant les possibilités de chacun.  L’important c’est de ne pas lâcher, l’important c’est que le client continue à faire des efforts et  à être suivi selon ses besoins réels. J’ai des patients qui pour des raisons de santé doivent être vus aux deux mois, d’autres trois, certains aux quatre, six, sept, huit, 12, 18 mois, etc. Tout dépend de leur santé, point final.

Et en fait, leur santé, n’est-ce pas notre première et seule préoccupation ?

Denis Massé H.D.
Hygiéniste dentaire, conseiller en santé buccale

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Publié dans : DENTISTES - CLINIQUE
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